Lundi 3 janvier 2011

La Liturgie des heures

Que la Liturgie des Heures soit la prière officielle de l’Église peut faire croire à certains qu’elle est impersonnelle, ritualiste et dépourvue de sentiments.
Il est vrai qu’elle est structurée et qu’elle existe avant de devenir la prière de chacun.
Nous la recevons d’une Église de priants qui nous a précédés et, en cela même, elle peut être une école de prière : elle est un incomparable trésor pour ceux qui la pratiquent.

Elle est prière du Christ
« Elle (la Prière de l’Église) participe de la piété du Fils unique envers le Père et de la prière que, durant sa vie sur terre, il a exprimée par la parole et qui, à présent, se perpétue sans interruption dans toute l’Église et en tous ses membres, au nom et pour le salut de tout le genre humain. » (Présentation générale de la Liturgie des Heures, PGLH n° 7) L’Église a toujours tenu la Liturgie des Heures pour la prière du Christ lui-même. Ailleurs, cette même PGLH (n° 108) a une formule d’une force insurpassable : celui qui prie les psaumes dans la Liturgie des Heures, les prie « en tenant la place du Christ lui-même. » On pourrait adapter la phrase de Saint Paul (Galates 2, 20) : « ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi. »

Elle est prière écclésiale
Celui qui prie avec la Prière de l’Église accepte, il est vrai, de se dessaisir un peu de lui-même : il n’a pas choisi l’hymne, un psaume de joie lui est proposé alors qu’il est dans la peine… Mais ne peut-on pas dire qu’une personne est d’autant plus chrétienne, et donc que le chrétien est davantage lui-même, lorsqu’il accepte d’être ainsi incorporé au Christ et à l’Église qui est son corps (Colossiens 1, 18) ? Tout en se laissant dessaisir d’une part de ses choix et de ses sentiments personnels, il accède à une plus grande communion, non seulement dans le Christ et l’Église, mais avec toute l’humanité au nom de laquelle il prie (Cf. PGLH, n° 6).

Elle utilise les « mots mêmes de Dieu »
Quelqu’un faisait un jour, à propos des psaumes cette réflexion : « c’est la Parole de Dieu qui retourne à Dieu en passant par nous. » Quelle étonnante et magnifique attitude que celle du chrétien, priant avec la Prière de l’Église, qui rend à Dieu ce qu’il a reçu de lui ! Et ce qui est vrai des psaumes l’est aussi plus largement de l’ensemble des Offices des heures qui ponctuent et sanctifient la journée.

Elle est prière de louange, de fils vers le Père

Au-delà du cri : « Dieu, viens à mon aide ! » par lequel s’ouvre la prière des Heures, au-delà des intercessions et des psaumes d’imploration, la caractéristique la plus importante et la fonction première de la Prière de l’Église est de louer Dieu du matin jusqu’au soir : Louange au Dieu créateur, que nous rappellent les heures ; louange au Dieu rédempteur en son Fils qui nous éclaire au-delà de nos obscurités ; louange au Dieu « lumière sans déclin » dans l’anticipation des derniers temps.

Article extrait de la revue Célébrer, n° 307